samedi, février 27, 2016

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8 motifs urgents d’abolir le travail plutôt que de le réformer




Février 2016 : étape supplémentaire dans la fascisation de notre pays, Myriam El Khomri réforme le Code du Travail. Bon, soyons clairs : je n’ai pas lu le projet et ça n’est pas à l’orée du départ en week-end que je vais le faire, donc oublions ça. Ce n’est pas ici que nous aborderons les points essentiels de l’actu : la Ministre fantasme-t-elle secrètement sur Pierre Gattaz ? a-t-elle eu une activité professionnelle, un Bafa, une bonne note à son stage de troisième, avant d’intégrer son poste ? Je ne sais pas, il y a toutes sortes de gens plus informés sur la Toile.



De toute façon, réformé ou pas, encadré ou pas, le travail, c’est tout naze. La preuve en huit points qui emporteraient l’adhésion du plus vicelard des DRH :

1/ Le travail est une activité intéressée, je dirais même l’activité la plus intéressée qui soit.
En toute franchise, passer huit heures à gratter en marge des copies de la 5eB ou remplir des bulletins de paye sous Windows 7 n’a jamais excité la créativité de personne. L’objectif reste le même : assurer sa subsistance. Or ma maman me l’a toujours dit : les gens qui nous fréquentent par intérêt n’ont aucun intérêt. Le travail, ok, mais gratuit.

2/ On nous a menti des années sur ce que nous allions réellement faire au travail.
C’est la grande source de souffrance de toute personne ayant validé son bac avec plus de 12,2 de moyenne : la société ne nous mérite pas ! Poulette, 21 ans, nous le confirme : elle a fait un burn out en révisant ses partiels, parce que la fac ne la méritait pas. 

J'ai fait un burn out, je pars en Thaïlande : encore un article fascinant du Nouvel Obs

Et que dire des millions de jeunes gens qui pensaient exercer des jobs créatifs et passent des années stériles à remplir des feuillets Excel ? Génération sacrifiée !



3/ L’utilité sociale d’un job est inversement proportionnelle à sa rémunération.
J’en excepterais l’enseignement, puisque j’ai été payée cinq ans 2 500€ par mois pour faire de la garderie et alimenter des conversations de 22 mots, ce qui était frustrant mais somme toute légèrement surévalué. Le reste du temps, le spécialiste de l’habitat durable paye ses nouilles avec son SMIC pendant que des gens s’enrichissent à nous vendre de grosses voitures. #minutedegauche

4/ Il faut regarder la réalité en face : il n’y a pas de travail pour tout le monde.
Dans l’hypothèse même où on aurait envie de travailler, il n’y a pas forcément de place où caser notre enthousiasme. Plus exactement, les postes abondent précisément dans les domaines où nous n’avons acquis aucune compétence, tandis que les facs de lettres et de socio débouchent sur une sorte de vague néant bétonné ressemblant à la cour du collège Princesse-de-Clèves.
Ceci dit, j’ai appris que les ex profs de lettres qui candidataient dans ma nouvelle entreprise étaient généralement recalés pour cause de « mauvaise maîtrise de la langue française », ce qui semble indiquer qu’il reste un Eldorado pour ceux qui ont pris l’initiative de lire quelques bouquins.


Moi aussi, je veux ce poste de chargé de clientèle chez Bouyyyyyyyygues!

5/ Le travail, ça passe encore, mais la pause déj’, c’est non.
Au bout de cinq ans, vous avez pris vos marques, vous vous repérez dans les couloirs, vous avez compris les petites astuces, et vous commencez à comprendre que votre job va vous gonfler les 38 prochaines années de votre vie. Mais ce n’est rien à côté du supplice quotidien à endurer : le repas partagé avec Mireille.
« - Le manager de Léa/le boss/le proviseur/le général, quel taré… De toute façon il n’en fout pas une, on ne le voit jamais en réunion/en salle des profs/sur le champ de bataille ! Il est toujours planqué dans son bureau ! »
Heureux homme.

6/ Travailler, pourquoi pas, mais de préférence pas dans la ZAC de la Reine Blanche à Rosny-sous-Bois
Je n’ai rien contre cette charmante localité, et je comprends tout à fait les motifs électoralistes à courte vue qui poussent les maires à multiplier les ZAC, ces sombres damiers de ciment qui défigurent nos campagnes. Parfois, le maire a vu trop grand et la ZAC est vide, parce qu’aucune entreprise digne de ce nom n’a envie d’implanter ses locaux entre une bretelle d’autoroute et un champ de betterave battu par le mistral. Parfois, malheureusement, des gens s’y rendent tous les jours pour peiner sur leur ordi ou pour dépaqueter des presse-agrumes, et je ne peux m’empêcher de penser qu’une vie entière passée à naviguer entre des parkings poids lourds et un hangar en tôle est un peu longue à tirer.


Bienvenue en France

7/ Les métiers sociaux, c’est surtout des débiles qui te harcèlent.
On pourrait penser que le public du métier social (jeune, malade, retraité, personne quelconque en demande d’insertion etc) est un peu sensible au dévouement de l’employé qui le reçoit. Que dalle : il va surtout défouler sa bile sur lui. Au lieu de s’exalter sur la République qui traite équitablement ses citoyens ou qui du moins tente de le faire (allez donc faire un tour aux Etats-Unis et vous comprendrez que les banlieues françaises regorgent d’équipements socio-culturels), le public te gonfle et tente de faire disparaître en toi la moindre étincelle de vertu ou de compassion. Somme toute, il te rend peut-être service, parce qu’il y a plein de métiers pas sociaux où on s’épanouit davantage.

8/ Le temps de loisir crée de la richesse et c’est prouvé.
Il faut le dire : coincé au boulot entre Mireille et le manager, que peut-on dépenser ? en quoi contribue-t-on à faire vivre le commerçant local ? On ne contribue pas. En ayant du temps libre, on a toute latitude d’arroser le disquaire, le libraire, le bistrotier, le loueur de Vélib’, le ciné, le fromager et j’en passe. Les retraités sont les leviers les plus efficaces de notre économie.


Activité rémunérée et bon temps ne sont pas toujours liés: souvenez-vous! 


En application de ces quelques principes de bon sens, je souhaite à tous un joyeux week-end. 

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